Les impressions de Jacques et Mireille ( Normandie)  
 
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 Impressions de Jacques (en toute humilité)

Je suis de retour en Crête après quatre ans à bourlinguer dans les iles grecques et ailleurs, durant mes congés. Un voyage de 15 jours ne m ‘avait pas suffit et j’ai décidé avec mon épouse de revoir l’ouest de façon plus précise. Surprise ! le temps fût capricieux et je n’étais pas habitué à ces changements de température, passant de 15° dans le sud à 36° à Réthymnon en une journée. Et ben oui en mai c’est possible.

Par ailleurs, nous sommes plutôt vols secs avec voiture à l’arrivée et aucune réservation pour plus de liberté. La liberté ça se mérite, et en vacances, c’est indispensable. Les troupeaux de bétails qui s’entassent dans les HLM à touristes de la côte nord : pas pour nous.

Les villes principales, je n’en dirai rien. Nous sommes en Normandie depuis 20 ans, à la campagne et je ne supporte plus leur vacarme avec les motos toujours plus nombreuses et bruyantes. Que de changement pour ces grand-mères vêtues de noir qui ont connu la Crête d’avant (que moi non plus je n’ai pas connue). En France le bruit devient aussi une plaie et tout le monde subit sans rien dire. Juste un détail sur Héraklion, des mendiants, c’est nouveaux, mais pas du pays (Roumanie ou autres).

Alors, nous partons trois semaines avec deux sacs et du matos photo dont je fais aussi supporter le poids à ma femme parfois, la pauvre. Je revenais pour revoir l’intérieur, faire un coucou à André et Annie qui nous avaient aimablement accueillis en 2004, mais voilà les oiseaux envolés quelques jours en France. Pas de veine. Les oliviers que je venais photographier étaient toujours là (parfois depuis bien longtemps) pour nous émerveiller par leurs reflets d’argent sous le vent. Que l’intérieur est beau en mai et surtout pas un touriste, ils sont tous dans les hôtels et les plages du nord (8 jours bâclés avec repas en buffet pour s’empiffrer, je les ai vus aussi dans le sud et cette fois les russes débarquent avalant une choppe de bière au petit déjeuner, même les jeunes : une culture à découvrir sûrement). Non, vraiment nous n’aimons pas le tourisme de masse seulement en Crête, les usines à touristes fonctionnent bien. L’Aéroport principal est saturé de groupes de ces visiteurs pressés, à la petite semaine. Il faut entendre les commentaires quand ils reprennent l’avion dans l’autre sens.

Mais revenons à l’intérieur. Des gens toujours aussi sympas, comme on en trouve plus, dès lors qu’on les respecte. Accueillant, jeunes et vieux, polis, pas un ne nous a boudé notre kalimera. Généreux mais moins qu’avant, eh, la crise est passée par là, ils ne peuvent pas nous donner leur chemise non plus. Des paysages variés et surprenants, une végétation vivace, coriace, qui s’accroche à la vie dans la caillasse comme « mes oliviers ». Pas un pareil à l’autre et pourtant une mer verte olive harmonieuse qui ondule à la moindre brise. Des villages aux ruelles étroites ou il ne faut s’engager qu’à coup sûr sinon les pentes peuvent révéler des surprises à ceux qui n’ont pas de 4x4. Des endroits qui semblent endormis où pas une âme ne semble vivre. C’est sans compter sur la vitalité du Crétois adapté à son milieu, gravissant des pistes comme des chèvres. En réalité, ils sont bien là, ils vous ont vus, mais pas vous. Une photo sur le bord de la route et un coup de klaxon du berger qui passe en pick up pour vous dire, « il est beau mon pays, hein ? » Et oui, c’est ça l’intérieur. Chez Katerina à Zaros : débauche de gâteaux au petit déjeuner et v’la t’y pas qu’Angèle son aide de camp nous apporte un doggy bag pour la rando. Jamais vu ça, plus de gâteaux que notre table ne pouvait en accepter. Et en partant, prends ça, un sac avec des herbes pour la tisane, cueillies dans les environs. Charmante cette femme déjà âgée qui bosse du matin au soir avec des jambes qui n’en peuvent plus.

Plus loin, tu t’arrêtes dans un petit hôtel, Il n’y a pas de frigo (très rare). Qu’à cela ne tienne, on t’en apporte un dans les 20 minutes. Tu veux te faire un café, on t’amène une bouilloire, des tasses, et tout ce qu’il faut.

Encore, plus loin dans le sud, dans un village au bord de l’eau, accessible après 20 km de lacets interminables, une femme nous attend sur sa chaise au même endroit depuis 4 ans et se souvient de moi. Je lui avais loué une room. Incroyable !

En parlant de cela, une blague : Un canadien avec qui nous voyagions en bateau , en 2008, me dit, alors que notre vieux ferry arrivait à Phytagorio, sur Samos, en voyant les panneaux que brandissaient plusieurs grecs sur le quai : On doit arriver à ROOMS….

J’en rigole encore. Je sais, je suis bon public.

Anecdote suivante, le bateau revenant de Loutro décide de nous larguer un soir à la nuit tombante sur une plage comme en Normandie. Nous revivons de D-Day et trois cents personnes remontent dans la caillasse comme un troupeau de Gnous en Afrique. Nous, on a rigolé mais, dans l’autre sens des personnes âgées qui faisaient rouler leurs valises dans les éboulis se bidonnaient beaucoup moins. La mer était un peu houleuse et à Chora Skafion, ils utilisent une cale alors qu’il y a deux ports. Pas de bol quand on utilise un petit ferry trop bas pour un quai. Il faut refaire le port ou changer de bateau. Ils sont marrants parfois aussi !!!

Enfin, on les aime bien. On dirait qu’ils s’engueulent, mais non, ils parlent pour être entendus, nuance. Partout en Grèce d’ailleurs.

Alors allez en Crête, mais faites comme nous ne restez pas au nord trop longtemps et voyez le reste, ça vaut le coup et quelle paix ! Et écoutez de la bonne musique grecque car la lyre moi, ça finit par me bassiner, question de goût. Par contre Giorgos DALARAS, Haris HALEXIOU, Yiannis PARIOS, Stélios KAZANTZIDIS, Melina KANA……….Pourquoi pas ?

Ci-joint quelques photos.

© 2010 Vie en Crète