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La Crète m'a permis en quelque sorte de revenir dans mon enfance..
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Ma première expérience Crétoise...sans grand intérêt ! Je croyais, c'était les années "beatnik" et "baba-cool" . J'aime voyager depuis mon enfance, c'est un mode de vie (certains parlent d'instabilité) qui me plait.J'aime la découverte, du nouveau, de l'inconnu, du surprenant. Les rencontres impromptues au détour d'un sentier, l'invitation d'un inconnu à partager un moment, la gentillesse d'un autochtone tout près de vous aider bien qu'il ne comprenne pas ce que vous tentez de lui dire avec force gestes et éventuellement petits dessins.
( J'ai toujours dans ma poche du papier et un crayon pour noter ou m'expliquer ).
J'ai rencontré un groupe d'autrichien chevelus qui partaient pour la Crète. Allons y pour la Crète ! J'ai vécu 3 semaines débridés au soleil le jour, sous les tamaris sur la plage la nuit dans la région de Matala...faisant la fête plus que de raison, à l'aide de tas de substances plus ou moins licites et cette période de ma vie ne m'a pas laissé d'inoubliables souvenirs.
Ma seconde visite en Crète.....30 ans après ! En achetant un billet à 2 €, j'ai gagné le premier prix d'une tombola, un voyage pour deux personnes en Grèce. Qu'après avoir proposé à d'autres, dont ma fille Charlotte (30ans) j'ai fais transformé en 12 jours de séjour Crétois, dans un hôtel d'un Tour Opérateur à Héraklion. Là encore rien de transcendant...mais l'envie irrésistible de voir par moi-même, plutôt que de parcourir en "troupeau" des sentiers tant de fois parcourus où l'imprévu n'existe pas.
Les paysages grandioses m'ont subjugué .....je n'avais pas vu tout ça la fois d'avant ? Étrange sensation, moi qui regarde partout d'ordinaire.
Au cours d'une excursion au lieu de naissance de Katzentaki, j'ai faussé compagnie au groupe et me suis assis à la terrasse d'un Kafénion à la seule table libre, au soleil....Un peu "provoc" de ma part ai-je pensé sur le moment.
Tous les hommes présents m'ont regardé, certains scruté, et j'ai attendu, convaincu que la patronne que je distinguais devant ses fourneaux m'avait vu et qu'elle ne tarderait pas de s'enquérir de ce que je voulais.
Les conversations ont reprises crescendo ...mais personne ne venait, 1ère leçon de patience. J'observais l'assistance, me disant que si rien ne se passait...je l'avais bien cherché et qu'au pire je réincorporerais le groupe à son retour.
La femme est sortie à l'appel d'un des hommes assis devant moi. Est repartie à l'intérieur...elle ne m'avait pas vu ?
Cinq minutes après, elle déposait sur ma table un grand verre d'eau et un café, ainsi que du sucre en poudre dans un petit ramequin surmonté d'une cuillère. Elle me dit quelque chose, en me montrant l'homme qui l'avait appelé auparavant.Celui ci en me regardant leva son verre. Je rendis le geste avec un grand sourrire.J'étais surpris et ému, je le suis encore en repensant à ce moment.. Je sus par la suite que le sucre se met au moment de la préparation du café, ou ne se met pas du tout,et cette attention vis à vis de moi dont cet homme a fait preuve m'enchante encore aujourd'hui.Je ne l'ai jamais revu, et ne le reverrai peut être jamais, mais il vit dans mon coeur.
Depuis j'ai des amis Crétois, certains parlent un excellent français, mais avec Kostas le libraire, c'est une autre affaire : il tient absolument à m'expliquer la racine des mots du grec moderne (démotique) qu'il m'apprend et j'ai donc droit à des explications en Gréco-Anglais sur du Grec (katarevoussa) auxquelles je réponds en Anglo-gréco-français. Kostas est un homme intelligent et d'une grande culture. Il comprend un peu de français, surtout les mots d'origine grecque (qui sont légion dans notre langue et également en Anglais ).
J'ai été un peu surpris le jour ou il m'a pris dans ses bras pour me dire "bonjour", après mon retour de mon été français. Depuis nous mangeons assez souvent ensemble et je dois me "battre" ou ruser, avec lui pour qu'il ne paye pas a chaque fois.
J'aime être avec lui, il m'apprend des tas de choses et bien qu'il le soit...il ne se prend pas pour un érudit. Il sait dire aussi qu'il ne sait pas.
Alain a bien voulu agrémenter son récit de quelques photos ICI
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